Fourragères

Recommandations pour vos semis des plantes fourragères

Adapté de « L’implantation des prairies » GNIS

Un semis soigné :
une étape cruciale et rentable.

Trucs Astuces

Semer hâtivement

Un semis hâtif au printemps favorise l’enracinement et la résistance à une sécheresse éventuelle.

Pour les semis d’été, il est recommandé de préparer le sol et de semer dans les 24 à 48 heures maximum après la récolte de la céréale pour bénéficier de l’humidité résiduelle indispensable à la germination.

Obtenir un lit de semence fin, bien émietté et rappuyé

Les semences des plantes fourragères sont de très petite taille.

Pour que les semences puissent être humidifiées et puissent germer dans de bonnes conditions, il faut assurer un contact étroit de la semence et des jeunes radicelles avec la terre. Ce contact ne peut être correctement réalisé que si le lit de semences est fin et bien émietté, les plus grosses mottes de terre ne dépassant pas 3 cm de diamètre.

Rappuyez fortement le labour avant le semis. Vous pourrez ainsi semer régulièrement à 1 ou 2 cm. Vous assurerez ainsi le passage de l’eau dans le sol vers la graine et éviterez les sols creux. Pour ce travail, n’utilisez pas de rouleau lisse dans les sols où il existe des risques de formation de croûte de battance.

Semer à la bonne profondeur

Les faibles réserves nutritives des semences de plantes fourragères nécessitent de placer les semences à une profondeur de 1 à 2 cm maximum. Les jeunes plantules ont ainsi suffisamment de réserves pour atteindre la surface et la lumière.

Importance de la profondeur du semis sur la levée (pourcentage de levée)

Profondeur
1,25 cm (0,5 po) 2,50 cm (1 po) 3,75 cm (1,5 po) 5 cm (2 po)
Luzerne 64 53 45 19
Trèfle rouge 56 62 22 14
Fléole des prés 89 81 39 11
Brome inerme 78 69 51 24

Taux de semis : tenir compte du nombre de grains / kg

Le nombre de grains par kg varie grandement d’une espèce à l’autre.

Par exemple, la fétuque élevée compte en moyenne 500 000 graines par kg alors que le brome n’en compte que 300 000.

De ce fait, il est nécessaire d’adapter le taux de semis en fonction des objectifs de population visée au champ :

Exemple pour un mélange de graminées :

  • Objectif population au champ :
  • 60% brome
  • 40% fétuque
  • Proportion du mélange à semer pour atteindre cet objectif :
  • 70 % brome
  • 30 % fétuque

Veuillez nous consulter pour les taux de semis spécifiques à vos mélanges.

Bien répartir les graines sur toute la surface du sol

Une distribution régulière des semences sur toute la surface du sol assure une couverture rapide du sol.

Désherbage

La maîtrise des mauvaises herbes est un facteur essentiel à la réussite de l’implantation d’une prairie.

Il est indispensable que l’implantation soit réalisée sur un sol propre.

En effet, les mauvaises herbes déjà installées seront très difficiles à contrôler par la suite, d’autant plus s’il s’agit d’espèces pluriannuelles ou vivaces.

Un désherbage hâtif (chimique ou mécanique) est préférable car les mauvaises herbes jeunes sont plus faciles à détruire.

De plus, on évite ainsi une concurrence trop forte entre la prairie et les adventices.

Il est important de respecter les recommandations du fabriquant pour le stade et les doses d’herbicides à utiliser.

Nous consulter pour toutes questions

Stade recommandé pour désherbage hâtif
(1-2 feuilles trifoliées de la luzerne)

Trucs et Astuces

Quelques notes sur la régie des coupes fourragères

Une première coupe précoce conditionne une qualité élevée de toutes les coupes suivantes… Les critères de qualité pour les fourrages ont bien changé depuis nos grands-pères qui fauchaient le foin épié autour du 21 juin ! Dans la phase de végétation principale du premier cycle de croissance, la teneur en fibres brutes augmente de 3 à 8 g/kg fourrage/jour. Ceci réduit par conséquent de 150 kg de lait par an le potentiel de rendement théorique de la vache !

Viser une hauteur de coupe 3 pouces pour les graminées et de 4 pouces les légumineuses ! Cette hauteur de coupe :

  • Stimule la repousse rapide des herbes : il faut laisser sur la plante de luzerne ou de lotier au moins une feuille sur la tige. Celle-ci permettra à la plante de faire de la photosynthèse et de produire des sucres pour sa nouvelle croissance.
  • Réduit le taux d’impuretés et donc la valeur alimentaire.
  • Réduit le taux de spores indésirables pour des fourrages plus sains.
  • Réduit l’envahissement par des plantes indésirables.
  • Affûter vos couteaux et changez-les régulièrement !
  • La netteté de la coupe influence le risque d’écoulement (en diminuant les déchirements des tiges et des feuilles).
  • Une coupe franche, parallèle au sol, favorise une cicatrisation plus rapide. La repousse se fera alors plus rapidement et la plante conservera plus de réserves de sucres, ce qui lui conférera plus de résistances en cas de stress.

Andain larges et foin d’1 jour ? :

Notre climat humide de l’Est canadien ne laisse souvent qu’une fenêtre météo trop courte pour réaliser une ensilage de qualité. Le foin d’1 jour peut-être une avenue intéressante. Tom Kilcer, d’Avanced Ag System LLC (Etat de New York) souligne que la fauche en andain large augmente de 3 fois la quantité de foin exposée à la lumière. En conséquence, l’accumulation de sucres dans la plante continue dans la journée et dépasse les pertes par respiration. Au contraire, avec un andain étroit, la quantité de lait potentielle décroît durant la phase de séchage, c’est pourquoi il est dans ce cas recommandé de faucher en après-midi pour une meilleure teneur en glucide.

Glucides Légumineuses Graminées
A.M. 5% 10%
P.M. 15% 20 à 30%

Quel taux de MS viser pour l’ensilage ?

Avec un ensilage trop humide (< 30 % MS), le processus de fermentation est retardé, car le pH diminue plus lentement. Le fourrage subit alors une destruction excessive de sa protéine et une perte importante d’énergie. Il est aussi très probable que des bactéries clostridiennes croissent et produisent de l’acide butyrique et de l’ammoniaque dans l’ensilage. Cela engendre une baisse de consommation des vaches et un risque pour leur santé.

Un ensilage trop sec empêche une bon tassement du silo tour. La présence d’air permet le développement de levures, de moisissures et de bactéries aérobies. Ces ensilages seront enclins à chauffer au silo, à la reprise ou dans la mangeoire des vaches. Qui dit moisissures dit probabilité de développer des mycotoxines, qui ne seront pas détruites par la fermentation.

Sources : «Nathalie Gentesse, M.Sc., agr., « Les fourrages, vous croyez tout savoir ?» D. Jobin, Technologue, William Houde.

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